Votre compte bancaire affiche un solde positif ce matin. Dans six semaines, vous saurez si vous aviez raison de dormir tranquille, ou si vous auriez dû agir bien avant. Sans plan de trésorerie, cette réponse arrive toujours trop tard.
Le plan de trésorerie n'est pas un outil comptable réservé aux DAF. C'est l'outil qui répond à une seule question, décisive pour tout dirigeant de TPE/PME : aurai-je assez d'argent sur mon compte dans 30, 60 et 90 jours ?
Le modèle que vous trouverez ici distingue les cellules à remplir des cellules calculées, reporte automatiquement le solde d'un mois à l'autre, et vous aide à repérer rapidement les périodes de tension. Il couvre 12 mois glissants et fonctionne sur Excel comme sur Google Sheets.
Modèle gratuit inclus
Modèle Excel : Plan de trésorerie 12 mois
5 onglets · Formules automatiques · Alertes sur seuil · Compatible Google Sheets · Prêt à l'emploi
↓ Télécharger le modèle Excel gratuitCe que contient le modèle Excel de plan de trésorerie Exentia
Le fichier est organisé en 5 onglets complémentaires. Chacun joue un rôle précis dans la logique de pilotage. Voici ce que vous trouverez dans chacun.
Structure du modèle : 5 onglets
Onglet ① : Accueil / mode d'emploi
Le point de départ avant de saisir quoi que ce soit.
Cet onglet explique le fonctionnement du fichier, les conventions de couleur (cellules bleues = à saisir, cellules grises = calculées automatiquement) et le guide d'utilisation en 5 étapes. À lire en 5 minutes avant d'ouvrir les autres onglets.
Onglet ② : Historique réel (3 derniers mois)
La fondation de vos hypothèses prévisionnelles.
À saisir : vos flux réels des 3 derniers mois : encaissements clients, autres encaissements, et chaque poste de dépense.
Calculé automatiquement : total encaissements, total décaissements, variation nette, solde de clôture. Ces données servent de référence pour calibrer vos prévisions.
Onglet ③ : Plan prévisionnel 12 mois ★ onglet central
Le cœur du fichier. Là où la trésorerie se pilote vraiment.
À saisir : solde d'ouverture, encaissements prévus mois par mois, 8 catégories de décaissements (salaires, URSSAF, loyer, fournisseurs, TVA, IS, emprunt, divers), et votre seuil minimum de trésorerie.
Calculé automatiquement : totaux, variation nette, solde de clôture, report du solde au mois suivant, et alerte ✓ OK / ⚠ ALERTE selon votre seuil. Formatage conditionnel rouge sur les mois sous le seuil.
Onglet ④ : Pipe encaissements
Vos factures en attente, pondérées par la probabilité de paiement.
À saisir : client, montant HT, date d'échéance, probabilité estimée de paiement à la date prévue.
Calculé automatiquement : montant pondéré (montant × probabilité). Une vision plus réaliste que votre CA facturé brut.
Onglet ⑤ : Balance trésorerie
La synthèse automatique mois par mois.
Vue consolidée : solde d'ouverture → encaissements → décaissements → variation nette → solde de clôture. Rien à saisir ici. Utile pour une lecture rapide ou pour partager avec votre banquier ou expert-comptable.
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Le plan de trésorerie : ce que c'est vraiment (et pourquoi c'est différent de votre comptabilité)
Avant de remplir quoi que ce soit, un point que la plupart des dirigeants confondent, et qui explique pourquoi tant de plans sont faux dès le premier mois.
Trésorerie vs résultat comptable : la confusion qui coûte cher
Chaque année, votre expert-comptable vous produit un compte de résultat, document indispensable pour savoir si votre entreprise est rentable. Mais il ne vous dit pas si vous aurez de l'argent sur votre compte dans 45 jours.
La comptabilité enregistre les opérations à la date de la facture. La trésorerie, elle, ne bouge que quand l'argent rentre ou sort réellement du compte bancaire. Ce décalage peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros, et il reste invisible si vous ne le modélisez pas.
Illustration : Le décalage entre facturation et encaissement
Le plan modélise l'argent réellement encaissé à la date où il arrive sur le compte, pas le CA facturé.
| Ce que le plan de trésorerie capture | Ce qu'il ne capture pas |
|---|---|
| Encaissements clients réels (date de paiement effective) | Chiffre d'affaires facturé (date de facture) |
| Décaissements fournisseurs et salaires | Charges à payer non encore réglées |
| Remboursements d'emprunt | Amortissements comptables |
| TVA à reverser à l'État | Résultat net comptable |
| Acomptes IS et charges URSSAF | Provisions et écritures d'inventaire |
La formule centrale du plan de trésorerie
Toute la logique du fichier repose sur une seule équation, répétée 12 fois de suite. Si vous comprenez cette formule, vous comprenez le plan de trésorerie.
La formule fondamentale : chaînée sur 12 mois
Le solde de clôture de janvier devient automatiquement le solde d'ouverture de février, et ainsi de suite sur 12 mois.
Comment utiliser le modèle en 20 minutes
La méthode directe pour obtenir un plan 12 mois utilisable, même sans expérience de prévisionnel financier.
Renseigner votre solde d'ouverture (2 min)
Ouvrez l'onglet ③ Plan prévisionnel. Saisissez en B6 le solde bancaire réel de votre compte à la date de départ. Prenez le relevé bancaire de ce matin, pas un chiffre de mémoire. C'est la base de tout le plan.
Saisir les encaissements attendus (5 min)
Renseignez ligne B8 vos encaissements clients prévus par mois. Utilisez votre délai client réel, pas contractuel. Si votre DSO réel est de 52 jours malgré des CGV à 30 jours, modélisez 52 jours. Ajoutez en B9 tout autre encaissement prévu.
Lister vos décaissements fixes (5 min)
Les 8 lignes de décaissements couvrent salaires nets, URSSAF, loyer, fournisseurs, TVA, IS, remboursement d'emprunt et divers. Commencez par ce que vous connaissez à l'euro près. Estimez le reste à partir de vos 3 derniers mois réels (onglet ②).
Intégrer TVA, URSSAF, IS et emprunts (3 min)
Ces postes sont les plus souvent oubliés. TVA mensuelle ou trimestrielle, URSSAF le 15 du mois, acomptes IS le 15 mars / juin / sept. / déc. Votre expert-comptable peut vous donner les montants. Ne laissez pas ces cellules à zéro.
Fixer votre seuil minimum de trésorerie (1 min)
Saisissez en B4 le montant en dessous duquel votre trésorerie ne doit jamais descendre. Une règle simple : l'équivalent d'un mois de charges fixes. Ce seuil déclenche les alertes ⚠ ALERTE automatiques.
Lire les alertes et décider des actions (4 min)
Regardez les soldes de clôture mois par mois. Un mois en rouge signifie une tension prévisible. C'est maintenant que vous agissez, pas quand le mois est arrivé. Relance client, report de dépense, financement court terme : vous avez le temps de choisir.
Les 8 erreurs qui faussent un plan de trésorerie Excel
Ces erreurs sont celles que font la majorité des dirigeants qui construisent leur premier plan, ou qui en utilisent un sans l'avoir correctement configuré. Chacune est évitable. Chacune a des conséquences chiffrées.
① Confondre chiffre d'affaires facturé et encaissement réel
Pourquoi c'est fréquent : on raisonne naturellement en CA parce que c'est ce qu'on mesure. Mais le CA de mars ne rentre pas en mars si votre DSO est de 45 jours.
Conséquences : avec 80 000 € de CA mensuel et un délai réel de 45 jours, vous surestimez votre encaissement du mois en cours de 80 000 €. Sur un plan annuel, l'écart peut dépasser 150 000 €.
Comment l'éviter : saisissez l'argent attendu en banque ce mois-ci, pas le CA facturé. Renseignez les factures en attente dans l'onglet ④ Pipe avec une probabilité d'encaissement réaliste : 80 % pour un client habituel qui paie avec un retard régulier de 2 semaines.
② Oublier la TVA collectée
Pourquoi c'est fréquent : en comptabilité, on raisonne en HT. La TVA est "transparente". Sur un relevé bancaire, elle est incluse dans le virement, et on l'oublie.
Conséquences : pour une PME à 600 000 € de CA annuel, la TVA collectée représente environ 120 000 €/an : soit 10 000 € par mois qui transitent sur votre compte mais ne vous appartiennent pas. Les ignorer revient à surestimer votre trésorerie disponible de 10 000 € chaque mois.
Comment l'éviter : provisionnez la TVA collectée dès l'encaissement et renseignez le montant dans la ligne "TVA reversée" du décaissement, sur le mois du versement effectif à l'État.
③ Sous-estimer les charges sociales (URSSAF)
Pourquoi c'est fréquent : on voit le virement du salaire net. Les charges patronales et salariales viennent à part, souvent décalées. Résultat : on ne voit que les deux tiers des charges salariales réelles.
Conséquences : les charges sociales représentent 42 à 47 % de la masse salariale brute, souvent le deuxième ou troisième poste de dépense. Sur une équipe de 8 personnes avec une masse salariale brute de 50 000 €/mois, les cotisations représentent 21 000 à 23 000 € supplémentaires. Oubliées sur 3 mois, c'est 60 000 à 70 000 € de sous-estimation.
Comment l'éviter : saisissez le montant URSSAF exact sur les bons mois (mensuel ou trimestriel selon votre régime). Le rappel fiscal intégré dans l'onglet ③ vous y aide.
④ Oublier les acomptes d'IS
Pourquoi c'est fréquent : l'IS n'est comptabilisé qu'en fin d'exercice. Mais les acomptes sont prélevés en cours d'année : 15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre, et souvent hors du radar du dirigeant.
Conséquences : 4 fois par an, entre 5 000 € et 30 000 € sortent en une seule journée. Si vous ne les avez pas positionnés dans votre plan, le mois concerné devient un faux point bas, et vous interprétez mal votre situation réelle.
Comment l'éviter : demandez les montants à votre expert-comptable dès janvier et positionnez-les sur les 4 mois concernés dès la mise en place du plan. Le modèle intègre un rappel visuel pour chaque échéance.
⑤ Utiliser le délai client contractuel au lieu du délai réel
Pourquoi c'est fréquent : vos CGV disent 30 jours. Vous saisissez 30 jours. Mais en pratique, votre délai réel de paiement (DSO) est de 48 ou 55 jours. Ce décalage est pourtant systématiquement ignoré.
Conséquences : 18 jours de décalage sur 80 000 € d'encaissements mensuels représentent environ 47 000 € constamment reportés au mois suivant. Sur 12 mois, l'erreur se propage sur tout le plan.
Comment l'éviter : calculez votre DSO réel sur les 3 derniers mois (créances clients ÷ CA mensuel moyen × 30) et utilisez ce chiffre, pas celui des CGV. Utilisez l'onglet ② Historique pour calibrer.
⑥ Oublier les investissements et les achats exceptionnels
Pourquoi c'est fréquent : un plan de trésorerie est souvent construit autour des flux récurrents. Les dépenses ponctuelles (renouvellement matériel, formation, prestataire one-shot, caution) sont ajoutées "après", ou oubliées.
Conséquences : un investissement de 15 000 € non prévu crée un point bas inattendu qui peut déclencher une alerte, ou pire, forcer un découvert bancaire en urgence.
Comment l'éviter : à chaque mise à jour hebdomadaire, listez les dépenses non récurrentes identifiées pour les 8 prochaines semaines. Mieux vaut les saisir tôt dans le plan que de les découvrir sur le relevé bancaire.
⑦ Mettre à jour le fichier une fois par mois, ou moins
Pourquoi c'est fréquent : 15 minutes par semaine paraît raisonnable. Jusqu'au jour où c'est compliqué, puis on passe à toutes les 2 semaines, puis 1 fois par mois. Le plan perd sa valeur sans que personne ne le remarque.
Conséquences : une tension de trésorerie identifiée avec 6 semaines d'avance donne accès à 4 ou 5 options (négociation fournisseur, relance client, facilité bancaire, décalage d'investissement). Identifiée avec 10 jours d'avance : souvent aucune option confortable.
Comment l'éviter : fixez un créneau le même jour chaque semaine. La routine complète prend 15 minutes une fois la structure maîtrisée. Elle est détaillée plus bas dans cet article.
⑧ Modéliser les encaissements à 100 % de probabilité
Pourquoi c'est fréquent : l'optimisme est naturel. On met dans le plan les encaissements qu'on espère recevoir. Les probabilités de non-paiement ou de retard sont systématiquement sous-estimées.
Conséquences : si vous modélisez 100 % de taux d'encaissement sur un pipe de 200 000 € alors que votre taux réel est de 75 %, vous surestimez votre cash disponible de 50 000 €. Sur un plan à 6 mois, l'erreur crée une fausse sécurité qui retarde les décisions nécessaires.
Comment l'éviter : dans l'onglet ④ Pipe, utilisez des probabilités réalistes : 85-90 % pour un client régulier avec une facture récente, 60-70 % pour un client nouveau, 40 % pour une opportunité en cours. Le montant pondéré remonte automatiquement dans le plan.
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Exemple concret : le plan de trésorerie de Thomas (agence de 15 salariés)
Thomas dirige une agence de communication digitale à Lyon. CA annuel : 1,5 M€. Il regardait son compte bancaire chaque lundi matin, sans plan formalisé. Son banquier lui a signalé un risque de passage en négatif en décembre. Voici ce que son plan de trésorerie a révélé :
| Poste | Octobre | Novembre | Décembre |
|---|---|---|---|
| Solde d'ouverture | 68 000 € | 41 500 € | 22 000 € |
| Encaissements clients | +112 000 € | +95 000 € | +78 000 € |
| Charges (salaires, URSSAF, loyer, TVA…) | −138 500 € | −114 000 € | −107 000 € |
| dont acompte IS (oublié !) | N/A | N/A | −12 000 € |
| Solde de clôture | 41 500 € | 22 000 € | −7 000 € |
Le plan a révélé trois problèmes simultanés en décembre : un ralentissement saisonnier, un acompte IS de 12 000 € oublié, et un DSO de 52 jours qui décalait 3 factures d'octobre à janvier. Sans ce plan, Thomas aurait découvert le problème le 20 décembre. Avec, il a agi 6 semaines avant.
Les actions de Thomas : 6 semaines avant la tension
Résultat : décembre clôturé à +4 200 € au lieu de −7 000 €.
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Comment lire les 4 indicateurs du tableau de bord
Le tableau de bord du modèle calcule automatiquement quatre indicateurs. Les comprendre change la façon dont vous lisez votre situation financière, et la rapidité de vos décisions.
Point bas : votre indicateur de fragilité
Ce que c'est : le mois où votre solde de clôture est le plus bas sur les 12 prochains mois. C'est votre plancher de trésorerie prévisionnelle.
Comment le lire : comparez-le à votre seuil d'alerte. Si le point bas est en dessous, vous avez une tension prévisible, et vous savez exactement quand elle arrivera. C'est une information précieuse, pas une mauvaise nouvelle.
Exemple : votre point bas est à 4 200 € en août, votre seuil d'alerte à 8 000 €. Vous avez 4 mois pour agir : négocier un paiement anticipé, décaler un investissement, activer une facilité de caisse. Quatre mois, c'est suffisant.
Trésorerie mobilisable : ce que vous pouvez réellement déployer
Ce que c'est : la différence entre votre solde actuel et votre réserve de sécurité (le montant que vous avez choisi de ne jamais toucher). Formule : Max(0, solde − réserve).
Comment le lire : c'est l'argent que vous pouvez investir, placer ou distribuer sans mettre l'activité en danger. Beaucoup de dirigeants laissent des dizaines de milliers d'euros sur un compte courant non rémunéré parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils peuvent mobiliser.
Exemple : solde actuel 45 000 €, réserve fixée à 20 000 €. Trésorerie mobilisable : 25 000 €. Ce n'est pas de l'argent mort : c'est du capital que vous pouvez placer sur un compte rémunéré ou investir dans votre activité.
Marge de sécurité : combien de mois pouvez-vous tenir
Ce que c'est : le nombre de mois de charges fixes que votre trésorerie actuelle peut couvrir si l'activité s'arrêtait demain. C'est votre coussin de survie.
Comment le lire : moins de 1 mois = situation critique. Entre 1 et 2 mois = vigilance. Entre 2 et 4 mois = zone saine pour une PME. Plus de 6 mois = excédent peut-être mobilisable ou à placer.
Exemple : charges fixes mensuelles à 30 000 €, solde actuel à 90 000 €. Marge de sécurité : 3 mois. C'est correct. Si votre marge descend sous 6 semaines, c'est le moment de contacter votre banquier, avant d'en avoir besoin.
Mois critique : quand vos sorties sont les plus élevées
Ce que c'est : le mois avec les décaissements les plus élevés sur les 12 prochains mois. Ce n'est pas forcément le même que le point bas : c'est le mois où vous devez être le plus vigilant.
Comment le lire : repérez ce mois à l'avance. Si c'est juin (acompte IS + URSSAF trimestriel + fin de semestre), assurez-vous que vos encaissements de mai sont suffisants. C'est une planification simple, mais elle évite la plupart des surprises.
Les mois typiquement critiques : mars, juin, septembre et décembre (acomptes IS), janvier et juillet (cotisations URSSAF pour les régimes trimestriels), et tout mois où un investissement important est planifié.
Comment mettre à jour son plan de trésorerie chaque semaine
Un plan qui n'est pas mis à jour est inutile au bout de 10 jours. La bonne fréquence est hebdomadaire : 15 minutes, le même jour chaque semaine.
Un repère simple pour interpréter les alertes
À 30 jours : problème quasi certain → agissez maintenant. À 60 jours : risque identifié → lancez les actions préventives (relance, négociation fournisseur). À 90 jours : signal faible → ajustez les hypothèses, préparez un plan B.
Pourquoi créer 3 scénarios : central, prudent et pessimiste
Un seul plan modélise un seul futur, qui ne se déroule jamais exactement comme prévu. La bonne pratique est de construire 3 versions : sur 3 onglets ou 3 colonnes selon votre préférence.
Scénario central
Hypothèse normale
Clients paient dans les délais habituels, charges stables, CA comme prévu. C'est le plan de référence hebdomadaire.
Scénario prudent
Retard ou baisse temporaire
Un client majeur paie avec 3 semaines de retard. Encaissements inférieurs de 15 % sur le trimestre. C'est le plan que vous montrez à votre banquier.
Scénario pessimiste
Tension forte sur le cash
Impayé significatif, acompte IS plus élevé, investissement non reportable, baisse d'activité sectorielle. C'est le plan qui vous prépare à négocier.
Le scénario pessimiste n'est pas là pour vous angoisser : il est là pour vous préparer. Un dirigeant qui arrive chez son banquier avec un scénario dégradé chiffré et un plan d'action associé obtient un financement bien plus facilement qu'un dirigeant qui explique qu'il a "un souci de trésorerie en ce moment".
Seuil d'alerte de trésorerie : lecture du plan sur 12 mois
La courbe de trésorerie passe sous le seuil en été (tension saisonnière) et en fin d'année (acompte IS + ralentissement). Ces passages sont détectés automatiquement par le modèle en rouge, avec 6 à 8 semaines pour agir.
5 décisions que le plan de trésorerie rend moins incertaines
Un plan de trésorerie ne sert pas uniquement à surveiller les alertes. Il répond aux questions que tout dirigeant se pose, et auxquelles on répond trop souvent à l'instinct faute des bons chiffres.
Puis-je recruter ?
Un recrutement représente une sortie mensuelle supplémentaire de 2 500 à 5 000 € selon le profil (salaire net + charges patronales). Ajoutez ce montant dans votre plan à partir du mois prévu. Si le point bas sur les 6 mois suivants reste au-dessus de votre seuil d'alerte, le recrutement est financièrement supportable.
La question n'est pas "ai-je les moyens de recruter aujourd'hui" : c'est "aurai-je les moyens dans 6 mois avec ce recrutement intégré". Le plan vous donne cette réponse en 5 minutes.
Puis-je investir ?
Pour un investissement ponctuel (matériel, logiciel, véhicule), regardez votre trésorerie mobilisable au mois de l'achat. Si ce montant couvre le coût, vous pouvez financer sans emprunt. Dans le cas contraire, le plan vous dit exactement combien emprunter.
Règle pratique : un investissement ne doit jamais faire passer votre point bas sous votre seuil d'alerte. Si c'est le cas, décalez d'un trimestre ou fractionnez le paiement.
Puis-je distribuer des dividendes ?
Les dividendes sortent en une transaction. L'erreur classique : distribuer en novembre, se retrouver en tension en décembre avec l'acompte IS. Avant toute distribution, vérifiez que votre trésorerie mobilisable post-distribution reste positive, et que le point bas sur les 3 mois suivants reste au-dessus du seuil.
Le bon moment pour distribuer : après un trimestre fort, loin des mois critiques (mars, juin, sept., déc.), et avec 3 mois de marge de sécurité.
Dois-je demander un prêt ?
La règle d'or : allez voir votre banquier avant d'en avoir besoin, pas au moment où la tension est là. Le plan de trésorerie vous donne exactement la date à laquelle une tension est prévisible. Si elle est dans 4 mois, vous avez le temps de préparer un dossier, de présenter un scénario prudent chiffré, et d'obtenir des conditions favorables.
La différence, c'est l'anticipation.
Puis-je augmenter les stocks ?
L'augmentation des stocks représente une sortie immédiate de trésorerie, même si comptablement, vous créez un actif. Dans votre plan, saisissez cette dépense dans le mois d'achat, et intégrez les encaissements liés à la vente de ces stocks dans les mois suivants.
La question n'est pas "est-ce rentable" : c'est "mon cash résiste-t-il à cette sortie avant que les ventes encaissées arrivent ?". Le décalage entre la dépense et l'encaissement est souvent de 2 à 4 mois pour les activités qui stockent.
Ces cinq décisions ont en commun d'être souvent prises à l'instinct. Le plan de trésorerie ne les prend pas à votre place : il vous donne les données pour décider avec 6 à 8 semaines d'avance plutôt qu'en réaction.
Excel et le pilotage de trésorerie : ce qu'on vous dit rarement
La plupart des articles sur ce sujet vous expliquent pourquoi Excel est "dépassé" et pourquoi il faut "passer à un outil dédié". Cette conclusion est souvent trop rapide.
Beaucoup de PME abandonnent Excel trop tôt : non parce qu'il ne suffit plus, mais parce qu'elles ne l'ont jamais vraiment utilisé. Un plan rempli une fois par mois avec des données approximatives n'est pas un problème Excel : c'est un problème de méthode.
Excel est un excellent outil de pilotage de trésorerie dans la grande majorité des situations de TPE/PME. Il répond bien aux besoins d'une structure gérée par 1 ou 2 personnes, avec un compte bancaire principal et moins de 20 à 25 mouvements hebdomadaires à saisir.
La vraie question n'est pas "Excel suffit-il ?" : c'est "à partir de quand Excel devient-il un frein plutôt qu'un outil ?"
5 signaux qui indiquent qu'Excel devient un frein
Vous mettez à jour le plan moins d'une fois par semaine
Non par manque de discipline, mais parce que la saisie prend trop de temps. Quand la mise à jour devient un effort, elle devient rare. Et un plan rare est un plan inutile.
Plusieurs utilisateurs interviennent sur le même fichier
DAF, dirigeant, expert-comptable : chacun travaille sur sa version. Les conflits de fichiers, les lignes écrasées par erreur, les versions multiples : c'est la limite structurelle d'Excel en mode collaboratif.
Vous gérez plusieurs comptes bancaires
Compte courant, compte d'épargne, compte en devises, filiale : dès que les flux se multiplient sur des comptes distincts, la consolidation manuelle dans Excel devient une source d'erreurs régulières.
Vous avez eu une surprise de trésorerie dans les 6 derniers mois
Non pas parce que vous n'aviez pas de plan, mais parce que vous n'avez pas été alerté à temps. Excel n'envoie pas de notification quand votre solde prévisionnel dans 45 jours passe sous votre seuil.
Vous avez besoin de recommandations contextualisées, pas seulement de données
Excel affiche des chiffres. Il ne vous dit pas "votre excédent en juillet est mobilisable" ou "votre mois d'octobre sera tendu si vous recrutez en août". Cette lecture analytique demande du temps, et ce temps a un coût.
Pas un remplacement : une automatisation progressive
Exentia ne cherche pas à convaincre les dirigeants d'abandonner Excel : il prend en charge ce qu'Excel demande de faire manuellement : la connexion bancaire, la mise à jour automatique des flux, les alertes proactives, et la lecture contextualisée des données.
La logique est la même que dans ce modèle : encaissements, décaissements, solde de clôture, seuil d'alerte, mais sans la saisie hebdomadaire. Exentia est pensé pour des dirigeants qui ont déjà compris l'intérêt du plan de trésorerie et veulent passer moins de temps à le maintenir.
FAQ : Plan de trésorerie Excel
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